L'Observatoire Psycavi est fier de présenter les résultats de la première phase de sa grande étude épidémiologique au Rwanda. Les recommandations présentées s'adressent à la fois aux décideurs, aux organismes et aux praticiens oeuvrant à l'amélioration de la santé mentale des populations touchées par les violences.
Sommaire exécutif
La santé mentale est un fondement essentiel du bien-être individuel, de la stabilité familiale et du
développement socio-économique. Ce rapport présente un projet de recherche national examinant
comment, 30 ans plus tard, les traumatismes continuent d'affecter la santé mentale des Rwandais nés
avant et après le génocide de 1994 contre les Tutsis. L'étude a été menée auprès de 1 754
participants (829 hommes et 923 femmes), âgés de 18 à 65 ans, de partout au pays, et s'est appuyée
sur des outils psychologiques validés pour évaluer les effets durables du traumatisme collectif sur les
individus. La recherche montre que les problèmes de santé mentale liés aux traumatismes restent
répandus au sein de la population rwandaise trente ans après le génocide. Les taux de troubles de
stress post-traumatique (TSPT) (18 %), de dépression (19 %) et d'anxiété (9 %) révèlent un problème
de santé publique majeur, notamment chez les femmes, les survivants du génocide et la génération
adulte exposée au génocide de 1994 qui montrent plus de problèmes de santé mentale. L'exposition
au traumatisme est associée à des fonctions cognitives moins performantes, notamment en ce qui
concerne la mémoire à court terme. Un niveau d'éducation et des fonctions cognitives plus élevés,
ainsi qu'une meilleure intégration communautaire et une plus grande cohésion sociale, sont associés
à une meilleure santé mentale. À partir de ces constats, plusieurs recommandations sont proposées
pour atténuer les conséquences durables des traumatismes sur la santé mentale au Rwanda. Il s'agit
notamment d'élargir l'accès aux soins de santé mentale et à l'éducation, d'investir dans des
interventions ciblées et fondées sur des données probantes, et de renforcer la cohésion sociale.
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